Sarah Hébert sur la traversée de l’Atlantique

Publié le par senesports.over-blog.com

« C’est le sport au service de l’humanitaire »

La championne d'Europe et vice championne du monde du monde de planche à voile, la Française Sarah Hébert est dans la capitale sénégalaise depuis une dizaine de jours. Elle s’est fixée un nouveau pari : traverser l’Atlantique en solitaire en 25 jours. Il y a derrière ce challenge une opération humanitaire. Elle a bien voulu se soumettre à nos questions.

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Vous avez un projet de traversé de l’Atlantique, mais au-delà de l’aspect sportif se cache une œuvre humanitaire. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette activité ?

Il faut d’abord savoir, c’est que j’ai été implantée d’un défibrillateur cardiaque il ya quatre ans. Depuis cette douloureuse épreuve, je suis assez impliquée dans le milieu. Et je suis au Sénégal depuis une dizaine de jours. J’ai discuté avec beaucoup de gens, de jeunes pratiquants ; mais aussi avec le directeur de l’hôpital Aristide Le Dantec. En fait, l’épreuve en elle même est une traversée de l’Atlantique en planche à voile. Le départ sera donné à Dakar en mars 2012 et l’arrivée est prévue dans 25 jours en Guadeloupe. Si j’ai rencontré le directeur de Le Dantec, c’est parce que je veux aider le Sénégal à développer ces opérations qui peuvent sauver beaucoup de vies humaines.  Et le directeur a été vraiment heureux d’accepter cet aide pour développer les services de cardiologies liés à la « rythmologie » et plus précisément à la défibrillation. L’objectif est de les mettre en contacts avec mon partenaire principal qui se trouve être Boston Scientifique, une multinationale dans ce domaine afin de multiplier les outils et surtout les implantations de défibrillateurs. Parce qu’on en a implanté qu’un seul au Sénégal. Donc, tout reste à faire.


En attendant que ce partenariat soit finalisé, il y a des gens qui souffrent, qu’est ce que vous pouvez faire pour eux en tant que personne publique ?

Je reviens en juin prochain pour deux raisons. Premièrement, continuer les préparatifs de la traversé ; et deuxièmement et c’est le plus important, parce que je parraine un enfant qu’on doit implanter un défibrillateur. On va organiser une grande soirée de gala pour récolter les fonds en  vue de l’opération. Parce que sa famille n’a pas les moyens pour payer les frais. Vous voyez, c’est une activité sportive et humanitaire à la fois.


Une opération de ce genre coûte combien ?

J’ai été très étonné de voir la facture après mon opération. Et je me suis dis, merci la sécurité sociale, merci le système français. Parce que ça aurait été difficile pour moi de payer ça toute seule. Le boitier en lui-même coûte 12 000 euros (7 800 000f Cfa), deux nuits à l’hôpital reviennent à 5 000 euros (3 250 000f Cfa), sans compter l’opération et ce qui s’ensuit. Il est clair que c’est une somme énorme pour un Sénégalais.


Peut-on s’attendre à ce que cette initiative avec Le Dantec soit profitable aux autres hôpitaux régionaux du Sénégal ?

Bien sûr. L’idée, c’est d’aider tous ceux qui sont dans le besoin. Aujourd’hui, les spécialistes de la discipline sont à Le Dantec et à Fann. J’ai travaillé en priorité avec eux pour qu’ensuite, grâce à leurs expériences, ils puissent redistribuer ses avoirs et outils au Sénégal tout entier. Mais pour une première démarche, ça paraissait logique de travailler avec ceux qui sont le plus avancés.


Vous allez affronter l’océan toute seule ou avec d’autres ?

Elle me concerne uniquement. C’est mon projet. Je suis dans la coupe du monde depuis des années. Quand j’en ai parlé à mes amis professionnels, il y’en a beaucoup qui m’ont dit qu’ils n’osaient pas le faire et qu’ils ne feraient pas. C’est un rêve personnel. Je traverserai toute seule. Mais je serai accompagné d’un bateau puisque ma planche est petite et je ne peux pas dormir dessus. Pour un maximum de sécurité, je ferai un point Gps (Global Positioning System) de l’endroit où je m’arrêterai le soir pour dormir et lendemain matin je repartirai du même point Gps.


Est-ce que la première fois que vous vous lancez un tel défi ?

De cette taille, oui. L’Atlantique, c’est costaud. C’est le premier défi de ma vie. Mais, je dois plutôt dire que c’est le deuxième. Parce que le premier a été cette implantation.


Pourquoi avez-vous portée votre choix sur le Sénégal ?

En fait, c’est un choix stratégique par rapport au trajet que je dois effectuer pour traverser l’Atlantique. Les vents ont une dominance nord et permettent un trajet direct au départ de Dakar. C’est un choix logique et facilité par le fait que c’est un pays francophone. C’est facile pour une Française comme moi d’organiser un départ ici.


Mais qu’est ce que vous gagner dans cette affaire ?

Une expérience unique qui me restera à vie, une sensation incroyable que personne d’autre n’aura vécu que moi. J’ai hâte que ce départ arrive enfin. Dès que je sorts de l’eau pour m’entraîneur, je ne pense qu’à ça. Etre toute seule à l’eau au milieu de l’Atlantique, pénard. C’est incroyable. On essaie d’explorer la galaxie, c’est bien ; mais on ne connait même pas notre planète, surtout la mer qui reste un mystère.


Alors traverser l’Atlantique, c’est découvrir ce mystère d’après-vous…

Je connais bien la mer. Parce que j’ai grandi pendant 11 années avec mes parents sur un voilier. C’est le milieu dans lequel je me sens le mieux. Mais elle est imprévisible. Même si on la connait bien, il ne faut jamais la sous-estimer. Il faut tout prévoir au niveau des systèmes de sécurité qu’on a mis en place.

Réalisé par François MENDY

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