REACTION MATCH SENEGAL CAMEROUN 1-0

Publié le par senesports.over-blog.com

ROGER MENDY, ANCIEN INTERNATIONAL

« J’ai oublié Sénégal 92 avec la peur au ventre »

Son message d’avant contre le Cameroun a reçu 5/5 par la bande au capitaine Mamadou Niang qu’il avait demandé de gagner pour lui faire oublier Sénégal 92 où nous avons été éliminés en ¼ de finale par le Cameroun. A présent, il dit avoir « oublié, mais avec la peur au ventre ».

ROGER MENDY

Roger, avant le match, vous avez demandé aux joueurs de gagner pour vous faire oublier Sénégal 92. Alors, on peut dire ça y est c’est fait ?

Oui. Ils l’ont réussi. J’ai oublié Sénégal 92, mais avec la peur au ventre. Parce qu’il a fallu attendre  la dernière minute pour la délivrance. C’était inespéré. Parce que d’habitude, c’est le Sénégal qui prend les buts à la dernière minute. C’est l’inverse aujourd’hui. Ça y est je peux rester tranquille.

Un but à la dernière minute, n’est-ce pas une rupture dans la mentalité des footballeurs sénégalais ?

Vous savez, il ne faut pas oublier que c’est un nouveau groupe en reconstruction. Il faut ne pas oublier non plus que c’est la première fois qu’il joue dans un stade archi comble où tout le peuple attendait beaucoup d’eux. Si vous regardez bien le match, jusqu’à la rentrée d’Issiar Dia, le jeu du Sénégal manquait quelque chose. Il n’y avait la percussion et l’animation. C’était un jeu individuel fait de longues passes. J’en suis sûr et certain que les jeunes étaient un peu crispés à cause de l’enjeu du match. Non seulement parce que l’adversaire s’appelle le Cameroun, mais surtout cette attente énorme du peuple. Il y avait une pression terrible sur les épaules des gosses. Mais il faut attendre encore pour pouvoir juger s’il s’agit effectivement d’une rupture sur le plan mental même si les joueurs évoluent dans les meilleurs championnats du monde.

Même si les joueurs ont été par l’enjeu,  le public a joué un rôle clé dans ce  match…

D’abord, je remercie tous les supporters qui sont venus nombreux pousser l’équipe à la victoire. Je les félicite uniquement pour le rôle déterminant qu’ils ont joué en deuxième période. Parce qu’en première mi-temps, ils n’ont pas fait grand-chose. Mais en seconde période quand l’équipe éprouvait des difficultés, ils ont donné de la voix. C’est en ce moment que le joueur a besoin de sentir le public. Et c’est là qu’ils ont pleinement joués leur rôle. Et le résultat c’est fait sentir dans la façon de jouer des jeunes qui se sont libérés, commencés à joueur leur jeu. Et l’entrée d’Issiar Dia a été l’élément moteur, clé du match.

Le Léopold Sédar Senghor aussi plaine aussi plein a craqué, depuis quand avez-vous vu ça à Dakar ?

A notre époque c’était déjà archi comble. A notre temps, que ce soit à Demba Diop à Léopold Sédar Senghor, c’était tout le temps plein. Parce qu’avant tout, c’était nous. Nous étions vraiment un groupe de jeunes talents croyez-moi. Je n’enlève en rien à ces jeunes qui ont mérité d’avoir un public aussi chaleureux. Nous, nous l’avons toujours eu. C’est pourquoi quand je suis arrivé samedi au stade samedi, j’étais très émotionné. En ce moment là, je n’avais qu’une seule chose en tête : fouler la pelouse avec mon équipement. Malheureusement, les jambes ne tiennent plus.

A un moment donné, le Sénégal était malmené par le Cameroun. Vous aviez peur ?

J’étais là en train de me dire : est-ce qu’ils vont se réveiller ? Est-ce qu’ils vont se ressaisir ? Vont-ils résister ? Je me posais des tas de questions. Parce que la domination était nette, surtout au milieu de terrain où nous avions que Nguirane Ndaw et Mouhamed Diamé. C’était peu. Je croyais qu’avec d’autres milieux de terrain, on aurait pu donner un coup de main à Nguirane et Diamé au lieu de rester tout le temps en attaque. C’est pourquoi quand j’ai vu en deuxième mi-temps Michael Tavares s’échauffer, je me suis dit, voilà, Amara a compris : Tavares va apporter un peu d’équilibre dans le milieu. Puis, coup de théâtre. Amara surprend tout le monde.  C’est la marque des grands entraîneurs : l’effet de surprise. Personne ne s’attendait aux changements qu’il a effectués. Personne ne s’attendait à voir Issiar, mais c’était la clé du match. Coup de chapeau à Amara. On a tous été joueurs, et technicien actuellement. Ce qu’il faut savoir, c’est que, ce que ressent l’entraîneur sur le terrain et ce que nous ressentons et voyons à partir des gradins, ce n’est pas la même chose.

Cinq points d’avance sur le Cameroun, la qualification est-elle déjà à cotre avis ?

Vous savez, il y a un match retour où on prendre zéro point, un où trois. Mais admettons zéro point. On fait nul contre le République démocratique du Congo. Il ne faut pas l’exclure. Au même moment, le Cameroun gagne face à l’ile Maurice. Il revient à notre hauteur. Ça dépend maintenant du nombre de buts qu’ils vont filer aux Mauriciens. S’il leur balaie par 15 à 0, on est foutu en ce moment. Il faut attendre jusqu’à la fin pour jubiler.

Donc, savourons-nous cette victoire, mais restons sur terre et soyons vigilant…

Je ne vous le fais pas dire. Il faut rester vigilant jusqu’à la fin. Vous savez dans le football, on peut avancer des choses. Mais moi, je ne fais pas parce que je me considère toujours comme joueur. C’est après la bataille qu’on conte nos morts. Attendons la fin pour conter le nombre de points.

Recueillis par François MENDY

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