Karim Mané

Publié le par senesports.over-blog.com

L’Ucad tient son « Duc »

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A 58 ans, Karim Mané est en train d’écrire une autre page de l’histoire du Duc version football. Appelé en « messie » pour sauver le club qui allait tout droit vers la division inférieure il y a deux ans, son bilan se passe de commentaires. Sa cote monte en puissance dans le milieu footballistique sénégalais. Marié et père de six enfants, l’Université de Dakar tient son « Duc ».

2ème de la Ligue 1, le Dakar université club (Duc) surprend par ces résultats cette année. Non pas parce qu’il n’a pas un passé assez riche, mais parce que personne ne s’y attendait, a commencé par les acteurs eux-mêmes. Le Duc doit sa « renaissance » à un seul homme, Karim Mané. Il y a deux ans, le club estudiantin était menacé de relégation. A six journée de la fin, les « Jaunes et Noirs » étaient en zone rouge. Désemparé, le président Youssou Camara fait appel à ses services pour sauver ce qui peut l’être. Pour se maintenir, « il fallait gagner au moins trois matchs et faire deux nuls », se souvient-il encore.

Sur le banc des étudiants, il remporte trois matchs et autant de nuls. La formation de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar vient de sauver sa peau. C'est sans surprise qu’il est maintenu dans ses fonctions. Dès lors, « il fallait construire un nouveau groupe, mettre sur pied de nouvelles bases et une idée pour une nouvelle équipe », projetait-il. La nouvelle saison devait lui permettre de savoir s’il va s’en sortir ou pas. Le maintien est visé. Il termine 5ème de sa poule. L’objectif est atteint. Mais pour Karim et sa bande, la formule du championnat pose problème. Deux poules de sept équipes chacune. Pour eux, « personne ne sait qui est qui, qui pèse quoi ».

Une anomalie que rectifie la saison 2010-2011 qui s’annonce rude. La Ligue 1 revient à l’orthodoxie. Une poule unique, avec une trentaine de journées. Après vingt-deux journées, le Dakar université club est sur la bonne voie. Dauphin du leader, l’Union sportive de Ouakam, 39 points (le Duc en compte 35), les « Etudiants » sont en course pour le titre. Cette place n’était pas envisagée en début de championnat. « L’objectif visait était de confirmer ce qu’on a fait les deux dernières années ». Autrement dit, « le maintient », admet le coach. Seulement, « nous étions sûres qu’on ne serait pas ridicule ».

En pensant au titre

Maintenant que les choses se présentent ainsi, « il faut prendre tout ce qui est prenable », voit-il plus grand. « On ne cracherait pas sur le titre de champion du Sénégal », est-il plus précis. Un rêve à leur portée. Mais la course sera hippique. Car le Duc totalise le même nombre de points que le Diaraf et le Casa  Sports, 34 unités qui vient de faire on retour à la course en disposant, dimanche, la Css par 3 buts à 2. Mais cela ne lui fait pas peur. Parce que « j’ai un groupe interchangeable et par la grâce de Dieu, tout le monde se porte bien », indique M. Mané. Pour lui, pas question de baisser les bras. Bien au contraire, « on va mettre la pression aux grands clubs », promet-il.

Mais qu’est ce qui fait la réussite du Duc ? A cette question, la réponse du technicien ne tarde pas. Pour ceux qui ne le savent pas, il se plaît à rappeler qu’il a passé 25 ans au Diaraf, « ma famille naturelle » et qu’il a été formé par Lamine Diack, actuel président de l’Iaaf et Pape Diop. C’est chez les « Vets et Blancs » qu’il gravi tous les échelons. C’est lui qui conduisit le club de la Médina à la seule demi-finale de coupe d’Afrique des clubs de son histoire en 95-96. Après cette performance, Malick Sy « Souris » fait appel à lui pour coacher Aldo Gentina en 98. Auparavant, il est passé au Duc en 97 comme adjoint de feu Alassane Bâ. Il a aussi entraîné à l’Inter Club de Dakar qu’il a fait quitter la division régionale pour la 3ème Division.

La force des « Etudiants » cette année se résume en deux termes, de l’avis de son entraîneur. « La tenue du ballon et de la gestion de l’espace de jeu » qui peuvent être éclaté en trois phases. « Comment utiliser le cuir si on le possède ; comment empêcher l’adversaire à en faire un bon usage si on le perd et comment le conquérir dans les duels », explicite Karim Mané. Mais la détermination de ses poulains est le plus déterminant. « La marge de progression de mes joueurs est prépondérant dans ce parcours. Ils veulent prouver qu’ils sont talentueux et décrocher un contrat en Europe », reconnaît-il.

Détecteur de talents

Son deuxième passage en tant qu’entraîneur titulaire du Duc se veut celui du couronnement. Adepte du « travail bien fait », il mise sur « le jeu de mes joueurs » pour régner au sommet au football sénégalais au coup de sifflet de la dernière journée de Ligue 1. Troisième meilleure défense du championnat, le Duc dispose aussi du deuxième meilleur buteur en la personne de Abdoulaye Touré, 7 réalisations, derrière Pape Ciré Dia du Diaraf, 9 buts. Cet attaquant a été recruté par Karim Mané alors qu’il jouait en National 1 (3ème division) avec l’Us Tivaouane. « C’est au détour d’un match de coupe du Sénégal contre son club que je l’ai découvert », se rappelle-t-il. Depuis, son Abdoulaye Touré a grandi.

Son actuel capitaine et gardien de but, Ousseynou Ndiaye lui doit tout. C’est lui qui l’a recruté alors qu’il était à Aldo Gentina. L’international sénégalais qui évoluait il y a deux ans à la Jeanne d’Arc vit une seconde jeunesse. Il a débarqué ici avec sept autres de ses coéquipiers de la « Vieille Dame ». Si tous ces joueurs avaient sombré qu’ils évoluaient au club le plus capé du Sénégal, « c’est parce que le climat y était malsain », juge le capitaine. Au Duc, ils ont trouvé « une famille ». Tout le contraire de la jeanne d’Arc où pour voir le président, il faut passer par des dizaines de personne avant de l’avoir », confesse-t-il.

Clin d’œil aux équipes nationales

Sur son entraîneur, Ousseynou Ndiaye ne tarit pas d’éloges. Pour lui, Karim Mané est le « père de tous les joueurs ». Taille moyenne, mince, teint noir, visage austère, souriant peu, pourtant l’homme est de commerce facile. Avec ce qu’il réalise avec son club, il pense comme beaucoup d’autres techniciens, aux équipes nationales. Pour  lui, peu importe la catégorie où il va officier. Son seul souhait, est de « se mettre au service du football de son pays à un niveau beaucoup plus élevé ». Tel est son souhait, pas plus.

Un objectif qu’« il pense et crois fermement atteindre un jour » pour « inculquer aux gosses ce que je sais ». En entendant ce moment, « je suis solidaire de ceux qui sont présentement aux commande ». Il appelle les techniciens à l’union en cette période de la reconstruction, et d’inviter les entraîneurs nationaux à faire en sorte que tout le monde trouve leur compte dans de ce qui se fait. Des principes qu'il s’applique d’abord. C’est le Karim style.

François MENDY

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