CAN CADETS 2011

Publié le par senesports.over-blog.com

Les « Etalons » du Burkina, champions d’Afrique

Les champions d’Afrique de football des moins de 17 ans s’appellent désormais les Etalons. Cette formidable équipe burkinabè s’est adjugée ce précieux trophée, le 22 janvier 2011 à Kigali, au Rwanda, à l’occasion de la finale du 9e championnat d’Afrique des cadets. Elle s’est imposée devant le pays organisateur, le Rwanda, sur le score de 2 buts à 1 dans un stade archicomble totalement acquis à la cause des Amavubi (Guêpes) du Rwanda. Enfin, le pays des Hommes intègres engrange un trophée continental, 50 ans après son indépendance.

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Belle victoire parce que difficile ! La victoire des Etalons au stade national Amahoro de Kigali fut celle du poignet, de la bravoure, de la résistance, bref, celle du volontarisme patriotique. Acculés dans les premiers instants de jeu par les Guêpes entreprenantes du Rwanda, les jeunes Etalons opposeront la résistance nécessaire  devant un arbitre angolais qui distribuait les cartons jaunes à volonté aux Etalons. Il a encore fallu la classe du portier Séni Ouédraogo, à la 29e mn de jeu, pour écarter ce danger rwandais. Soutenus par plus de 30.000 spectateurs dont le président du Rwanda, Paul Kagamé, les Guêpes usent de tous les moyens pour piquer et planter les sabots de ces Etalons plus que déterminés. La bataille était rude, mais la pause interviendra sans que le tableau électronique n’affiche le moindre but.

C’est au retour des vestiaires que les attaquants vont se signaler. C’est ainsi que l’opportuniste Zianou Sana hérite d’une bourde du défenseur rwandais Michel Rusheshangoga, à la 56e pour filer droit dans les buts adverses et loger le ballon au fond des filets. Le stade est silencieux. Les Etalons viennent de semer le deuil dans le temple footballistique rwandais. La petite, mais efficace  communauté burkinabè crie, jubile sous les regards admirateur, mais douloureux des supporters rwandais.  Ces derniers seront soulagés 10 mn plus tard lorsque l’efficace ailier droit rwandais, Tibingana, adresse au portier Séni Ouédraogi ce canon du pied droit qui loge le cuir dans ses filets, au deuxième poteau. Un but de toute classe qui laisse le portier burkinabè admirateur en fin de match : «  Vraiment, je félicite le tireur, car le shoot était d’une excellente beauté. Honnêtement, je n’ai rien vu, même pas le ballon. Bravo à lui ! », Conclut-il. Dès lors, les pendules sont remis à l’heure. Bataille rangée. Lutte âpre ! Le Stade d’enfer pousse les Amavubi. Les Etalons restent serein.

Héroïque "Etalons" malgré le carton rouge

Mais l’arbitre angolais, le même qui a sifflé le match d’ouverture Rwanda-Burkina, continue de distribuer les cartons aux Etalons : 8 au total (conte zéro pour le Rwanda) dont un rouge brandit à la 59e mn contre le latéral droit Bassirou Kanazoé. Les Etalons évoluent désormais à dix contre 11.  Il reste 31 mn à joue. Cette infériorité numérique donne des « sabots » supplémentaires aux Etalons qui galopent bien. La libération vient de ce coup de patte d’Abdul Aziz Kaboré, à la 71e mn. Fou de rage dans cette remontée, il se défait du défenseur Eric  Nsabimana, sur le flanc droit avant d’adresser un de ces bolides  meurtriers au portier rwandais, Steven Ntalibi. La chaude boule est en dessous de la transversale et retombe avec une rapidité d’éclair après la ligne de but avant de ressortir. Sur cette action, le 2e assistant, le Libyen  Mehmed Naseraldin, très vigilant et bien placé, accorde le but. Le juge central, l’Angolais, Martins de Carvalho Helder, qui semblait hésiter ne pouvait que  constater la réalité : Le 2e  but burkinabé. Second deuil au stade Amahoro. C’est l’extase dans un stade au summum de sa déception!

 La boutique fermée

A cet instant du match, les Etalons se retranchent derrière, formant un bloc pour conserver l’acquis. Les Guêpes guettent la moindre faille. Elles n’en auront pas. C’est le coup de sifflet final. Le public est debout, silencieux. Les quelques rares Burkinabè au stade jubilent. Les Etalons sont champions d’Afrique. Le Burkina  Faso est champion d’Afrique. Pour la première fois de son histoire. Ces braves Etalons démontrent ainsi le contraire de l’adage qui dit qu’il n’y a jamais deux sans trois. En effet, après les finales ratées en 1999, en Guinée Conakry, et en 2001 aux Seychelles, celle de 2011 au Rwanda est dans la poche. Et de la meilleure façon. En plus de ce trophée, les Etalons ont la meilleure attaque du tournoi (11 buts inscrits en 5 matches), le meilleur buteur, Zianou Sana (4 buts comme l’Ivoirien Bedi et le Congolais Epako). Le joueur   du tournoi, Bertrand Isidore Traoré (qui a inscrit 3 buts). Un palmarès qui honore, qui satisfait.  Le Rwanda, qui n’a pas démérité, hérite du trophée du fair play. En effet, à l’image de son équipe, le Rwanda s’est montré très accueillent, sportif et fraternel. Il a accepté la défaite de son équipe qui a été ovationnée avant de congratuler tout Burkinabè qui passait devant un Rwandais. Fair play, le peuple rwandais l’a été, et c’est en son honneur. C’est en l’honneur du sport.

Le Soleil, Par Alexandre Le Grand ROUAMBA

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