AS PIKINE : LIGUE 1 DE FOOTBALL

Publié le par senesports.over-blog.com

Le club de la Banlieue sur un nuage

Quatrième de la Ligue 1, l’AS Pikine qui a peiné à se maintenir l’année dernière surprend en ce début de saison. Huit matchs, une défaite. Tel est son bilan. Un bilan honorable pour la formation qui dit viser le « maintien ».

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Agrippé sur les grilles de protection qui sépare le terrain synthétique de la tribune, les yeux rivés sur la pelouse, Mamadou Sarr, la soixantaine environ est très concentré sur les entraînements de son club. L’homme est un fidèle supporter de l’AS Pikine depuis des décennies. Jacquette rouge-bleu, pantalon jaune, comme beaucoup d’inconditionnels, le sexagénaire prend chaque jour d’assaut le stade Alassane Djigo pour suivre les entraînements de la formation fanion du département le plus peuplé de la capitale. Même si c’est un jour ouvrable le matin de surcroit, aujourd’hui (mardi), les supporters sont là. Ils étaient plus d’une centaine dans la tribune, sans compter sans ceux qui se trouvent derrière les grilles juste à l’entrée du stade. Surprenant pour les entraînements d’un club de Ligue 1 au Sénégal. Seulement ce matin, l’AS Pikine joue un match amical contre l’ASC Manko (club du championnat national populaire) qui prépare sa finale départementale qui a lieu samedi. Alors, la présence des fans se justifient-ils par cette opposition ? « Non », répond Modou Sarr. « Vous n’avez rien vu » ajoute-t-il.

Ici les séances du club constitue une véritable attraction. Juste à côté de nous se trouve un jeune. Jean, tee-shirt gris et sac en bandoulière, il revient de l’école. A cause de la grève des enseignants, il n’a pas pu faire cours. Il est aussi un accro des Verts et rouges. Sous couvert de l’anonymat, il avoue sécher souvent ses cours pour regarder l’AS Pikine, « notre symbole », comme il le dit. Selon le jeune écolier, « la foule de ce matin n’est pas nombreuse par rapport à celle qui suit les entraînements du soir ». Ce que confirme Mamadou Sarr. « Si vous passez souvent ici dans l’après midi, vous avez l’impression que c’est un match de football, tellement les gens sont nombreux, or c’est Niayes (c’est l’ancêtre de l’AS Pikine) qui s’entraîne ».

Pendant ce temps, l’entraîneur Kor Arfang Sarr manœuvre ses hommes sur la pelouse flambant neuf d’Alassane Djigo. Pour le technicien, le professionnalisme à ses exigences. « La rigueur dans le travail et le respect des heures d’entraînements » doivent être mémorisés par ses joueurs. Ce à quoi ses poulains sacrifient. Résultats ? Par rapport à l’année dernière, « les athlètes sont beaucoup plus disciplinés », reconnait le vieux Sarr. Pas question de rechigner quand on te remplace comme nous l’avons vu l’an passé à Demba Diop. Une méthode payante. Puisque qu’après huit journées de championnat, les Pikinois sont 4ème au classement avec 13 points. Un bon début pour ce club qui s’est battu jusqu’à la dernière journée pour se maintenir la précédente saison.

Auteur de cette embellie, l’ancien entraîneur du Diaraf garde tout de même les pieds sur terres et se veut modeste. Son objectif ? « Le maintien » répond-il avec un sourire au coin. Un discours qui nous rappelle bien celui de Ngb Niary Tally l’année dernière. Mais « Pikine n’est pas Niary Tally. Légitimement, on ne peut que prétendre à cet objectif. Une ambition démesurée pourrait désarçonner les garçons », raisonne l’ancien joueur des Niayes.

Si Arfang Sarr a incontestablement apporté un plus à la formation, l’arme la plus redoutable de Pikine demeure cependant son public. C’est la première force du club comme le reconnaitra à la fin de la séance le capitaine, Alioune Badara Ndione. « Contrairement aux autres clubs, nous avons une base affective assez large et très solidaire. Sur le plan national, nous avons la communauté la plus grande. Si le stade était grand, on aurait rassemblée des dizaines de milliers de spectateurs par weekend », selon le capitaine. Un discours dans lequel se reconnaît le technicien.

François MENDY

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